Le repos du guerrier!

10 12 2008

Nous serons bientôt de retour ! pas demain ni après-demain mais soon…very soon





Footballeur Olympien: avenir risqué

8 12 2008

 

Les jeunes du centre de formation de l'OM
Les jeunes du centre de formation de l’OM

 

 

Sur ces dix dernières années, seulement 36 joueurs sur 700 ayant intégré le centre de formation de l ‘Olympique de Marseille, ont accédé à une  carrière de footballeur professionnel. De plus seulement 3 joueurs parmi les élus évoluent dans des clubs de niveau international, les 33 autres exercent leur métier, certes dans des équipes professionnelles, mais nettement moins prestigieuses.

Par conséquent une majorité de jeunes issus de cette formation sont donc confrontés à un échec sportif et se doivent de rebondir dans d’autres domaines. Par exemple, Laurent, qui après avoir suivi l‘intégralité de la formation proposée par le club phocéen en tant que défenseur s’est heurté à la dure réalité de la reconversion. Il occupe  actuellement la fonction d’agent municipal à la mairie de Manosque. Malgré la déception, il poursuit la pratique du football au niveau amateur, par simple passion : « Je m’y intéresse comme à mes débuts ». Mais il garde  de cette expérience quelques regrets: «Avec le recul, j’aurais peut-être dû opter pour une formation moins sélective ». Un choix cornélien qui doit souvent être fait à un âge où le discernement  n’est pas forcement acquis.

Dans le but de devenir joueur professionnel, les centres de formation offrent l’opportunité aux jeunes joueurs de bénéficier d’un apprentissage rigoureux et reconnu. L’Olympique de Marseille possède ce type de structure. Le centre de formation de l’OM, est un acteur incontournable du marché de détection et de formation de la région. Son principal objectif est d’alimenter l’équipe professionnelle en joueurs de qualité. Les stagiaires appelés à suivre l’apprentissage sont encadrés d’entraineurs diplômés, de préparateurs physique ainsi que d’un encadrement médical. De plus, une équipe administrative articulée autour de Mme Cassado  leur permet de bénéficier d’une formation sportive et scolaire, cette dernière estime cependant que : «malgré une prise en charge scolaire et sportive appropriée, la gestion reste délicate à cet âge là ».

Le dispositif, réactif, prend en compte la nécessité d’acquérir un bagage scolaire. Pour les plus jeunes, âgés de moins de quinze ans, la scolarité se déroule dans des collèges et lycées partenaires comme l’établissement Louis Armand ou encore Bartavelles. Dès 16 ans, le club s’engage à leur transmettre un enseignement scolaire, en leur proposant des cursus généraux et technologiques. Dans ce sens ces sportifs de haut niveau sont inscrits au CNED (Centre National d’Enseignement à Distance) qui leur permet de suivre les programmes pédagogiques de l’éducation nationale. En 2008, 5 élèves sur 6 ont obtenu le diplôme du baccalauréat général et 2 sur 2 un baccalauréat technologique. Selon Roland Gransart, directeur du centre de formation : « Il y a 3 ans 80% des jeunes étaient en BEP et seulement 20% accédaient à la filière générale, aujourd’hui la tendance s’est inversée».Malgré les efforts entrepris au niveau scolaire, la reconversion reste délicate et souvent inévitable. Le rêve de nombreux adolescents aspirant à une carrière footballistique reste éphémère.

 

Thibault Ansaldi





« J’ai repris mes études à 40 ans. »

7 12 2008

quand les adultes reprennent leurs études

Quand les adultes reprennent leurs études

 

 

 

 

Rien ne prédestinait Elsa Verine à changer d’orientation vers le métier de psychologue. Cette économiste de 46 ans et mère de 3 enfants, a d’abord travaillé à Londres dans un établissement bancaire de la City, avant d’occuper divers postes dans le domaine de la finance à Monaco où elle s’y est établie. Confortablement installée, sa carrière semblait toute tracée. Trop peut être… C’est en 2003 que son destin bascule. Particulièrement émue par la condition humaine et après un long travail psychanalytique, Elsa décide de tout plaquer ! Le besoin d’apporter, de répondre aux souffrances des autres se fait de plus en plus grand. Elle reprend donc le chemin de l’université, et se retrouve aujourd’hui en Master 2 de psychologie à Nice. « Faire le choix de tout abandonner, de retourner à la fac à 46 ans, a été une des décisions les plus difficiles. Cette expérience a mis à l’épreuve mes peurs,  mes angoisses mais surtout mes véritables désirs. »

Sa situation financière lui permettant de ne pas être obligée de travailler à côté, Elsa savoure depuis 5 ans les précieux savoirs que la formation lui apporte. La difficulté a été de mêler sa vie d’étudiante à sa vie de famille. La reprise de ces études a impliqué des sacrifices, parfois lourds de conséquences pour elle et son entourage. Difficile pour une étudiante d’assumer les devoirs, les exposés, les partiels a réviser, trois enfants de 16,12 et 7 ans, les courses, le chien, le chat… « Ma décision a bouleversée mon mode de vie. En plus de la montagne de travail qui m’est demandée pour mes études, je dois assumer toute une famille. Je suis obligée de sécher les cours pour aller chercher mes enfants à l’école. »

Reprendre une formation professionnelle à l’âge adulte est un choix délicat. A l’université, seulement 10% sont des seniors. En plus de renouer avec le statut de « débutant », il faut pourvoir accepter un retour en arrière vers la vie estudiantine. Pour Elsa, le retour « sur les bancs de l’école » est complexe. En plus de la nécessité de devoir se réhabituer à étudier, le décalage entre les autres étudiants plus jeunes qu’elle s’est fait sentir. Que ce soit sur le plan intellectuel, social, le parcours, le quotidien… Tout semblait les éloigner. Et pourtant… Elsa a réussi à tisser pendant ces 5 années des liens d’une grande profondeur. Son regard sur les autres a changé. Son rapport au temps qui passe s’est totalement modifié. Elle prend appui sur sa maturité comme source d’enrichissement et non comme une épreuve. Elsa a pu acquérir une grande confiance en elle. Elle envisage la vie, grâce à la ténacité dont elle a su faire preuve, avec beaucoup d’enthousiasme et de sérénité.

Une fois son diplôme en poche, Elsa a pour projet de travailler dans des institutions au sein desquels elle pourra monter des ateliers thérapeutiques. Quitter le chemin de la faculté ? Il n’en est pas encore  question. Elle envisage de préparer un doctorat à la fin de son Master.

 

Sabrina Gotlib





Vendre du sexe à Aix

3 12 2008
Vitrine de la boutique

Vitrine du X center

 

Alain travaille depuis maintenant trois ans comme vendeur au X Center situé 12 boulevard A.Briand à Aix-en-Provence. Si certains prudes s’étonnent de voir un tel commerce à Aix-en-Provence, ville d’art à la réputation chic, ce jeune employé n’est pas de ceux là.

« l’emplacement du magasin est conforme à ce que souhaite la mairie. A 80 mètres minimum de distance avec les lieux de cultes et les établissements scolaires » tiens à préciser Alain, précisant que « le X Center est à Aix depuis plus de 20 ans ». La boutique interdite aux moins de 18 ans a autant sa place que n’importe quel autre commerce. On peut même penser qu’il n’y a pas de mal à se faire plaisir, et cela peu importe sa bourse.

 

Alors que derrière son comptoir, un écran diffuse une jeune femme qui batifole sur une table à manger avec deux amis adeptes du va-et-vient, Alain prend son travail au sérieux et établit un constat éclairé sur la situation actuelle du marché. « Le plaisir n’est pas vital pour les gens » confie le vendeur, «nos meilleures périodes restent l’été avec les touristes, noël et la saint valentin, mais quand même une baisse de fréquentation de la part des étudiants, surtout depuis septembre ». La faute « au pouvoir d’achat », bien sur, qui prive le commerce d’une clientèle moins aisée qui a surtout maintenant sa place dans les rayons du magasin classé X. « La clientèle a changé depuis quelques années, ce n’est plus le petit pervers qui vient mais des gens de tout âge, femmes comme hommes, de 18 à plus de 80 ans » explique-t-il.

 

De nouveaux clients, c’est la conséquence directe d’une méthode de gestion d’un sex-shop qui vit avec son temps. Le premier coup d’œil à l’intérieur surprendra par exemple le novice. Ici nulle présence de lumière tamisée, ni d’ambiance scabreuse, tout est éclairé pour ne pas avoir peur de rentrer pour mieux observer les produits. Tout ou presque car le bâtiment, propriété de X Center, propose aussi 8 cabines de projections et une salle de cinéma de 30 places. Et surtout une pléiade de produits en tout genre, pour tous les goûts. De la lingerie en passant par les sex toys sans oublier un rayon dvd (achat et location) et les accessoires pour sadomasochisme jusqu’à une importante gamme de préservatifs, X Center a de quoi pimenter la vie sexuelle de ses clients.

 

La meilleure vente restant le désormais classique gode michet vibromasseur. « Les prix vont de 11 à 180 euros mais tout dépend d’abord de l’attente de la clientèle » affirme le vendeur. Il distingue à ce titre deux types de clientes: « Les femmes plus expérimentées privilégient les godes de la marque Réel qui développe des produits justement réalistes. Les jeunes femmes préfèrent la marque Fun Factory. Ils sont colorés et ont des formes de chenilles ou plus fantaisistes ». Une performance de vente que n’atteint pas le fessier féminin en silicone, privilégié pour Monsieur, .et dont le prix peut atteindre les 400 euros mais selon Alain, « C’est normal, les hommes préfèrent les magazines et les dvds ».

 

 

 

 

Arnaud Rollet





Désinvolte DESIGUAL

1 12 2008
Plan de communication de Desigual

Plan de communication de Desigual

Des cordes à linges tendues à hauteur des passants  portent des vêtements en technicolor… La semaine dernière, de la rue de la République au cours Julien, flottait une ambiance de Dolce Vita dans les artères marseillaises. Pourtant, rien d’italien dans ce curieux décor mais une initiative ibérique. Pour se faire connaître, plutôt que de diffuser en boucle des spots radios, ou s’afficher en 4X3, la marque espagnole Desigual offrait 500 pièces de sa collection aux marseillais. Comment ? Tout simplement en décrochant l’article de votre choix suspendu aux fameuses cordes à linges… Et en repartant avec ! Une première du genre pour l’enseigne atypique. « Nous voulions créer un évènement sociétal » explique Nicolas Faure, attaché de presse de Desigual. Et au passage un moyen détourné mais efficace pour faire porter les créations l’enseigne, tout en véhiculant l’image « fun » et désinvolte qui a fait le succès de la marque. Jonglant entre l’espagnol et le français, Manuel Martinez, responsable de la communication de Desigual est ravi de cette opération de « street marketing ». « Nous avons eu de très bon retours, beaucoup de personnes qui étaient présents à l’opération sont ensuite venus au magasin » ajoute une vendeuse. Un coup de pub réussit pour Manuel

Première boutique  française

L’Hexagone est le premier marché de Desigual à l’international. Mais jusqu’à présent, la marque était essentiellement diffusée via des boutiques multimarques (800 tout de même) et présente aux Galeries Lafayettes. La boutique Desigual de Marseille*est la première du genre en France. Inaugurée le 27 novembre dernier, elle est à l’image de la marque : complètement décalée. À l’intérieur, mélanges des genres pop art, trash, vintage, le tout toujours très coloré. Un jeu de lumière et de matières sur 300 m ². Homme, femme, enfant, Desigual rhabille tout le monde. Si certaines pièces ne sont pas données, la gamme est assez large et on trouve des tops à 40euros ou des petites robes à 70euros.  À l’extérieur, la vitrine donne le ton : « Wow ». En lettres de lumières, le thème de la saison est donné, au-dessus d’un lapin géant sortant d’un chapeau… « Chaque saison, nous partons d’une expression ou d’un mot et nous nous en inspirons pour toute la collection » explique Manuel. Pour le printemps prochain, la marque planche déjà sur le thème « Me and You ». L’implantation à Marseille ne doit rien au hasard, la marque étant davantage présente dans le sud de la France. Que les parisiennes se rassurent, une nouvelle boutique ouvrira  ses portes « surement l’année prochaine » confie Manuel. Encore un peu de patience !

Vitrine de la boutique Desigual

Vitrine de la boutique Desigual

*Desigual

18, rue de la République

13 001 Marseille

Marjorie Théry





Un architecte aux milles facettes

27 11 2008

Rudy Ricciotti

Rudy Ricciotti

Lauréat du Grand prix national de l’architecture 2006, Rudy Ricciotti architecte audacieux et rebelle dérange par son style peu orthodoxe. Ingénieur et architecte, il n’hésite pas à relever tous les défis d’une architecture contemporaine

Noir, vous avez dit noir ! Couleur d’une vie renouvelée, le noir précède la création dans toutes les civilisations. Et ce n’est pas Rudy Ricciotti qui dira le contraire. Cet architecte atypique a fait du noir sa marque de fabrique. Le Pavillon noir à Aix en Provence n’échappe pas à cette règle « Il est vertical, mais violent et doux. Je l’ai bâti pour le chorégraphe Angelin Preljocaj, j’ai dit que c’était son portrait, la gueule d’Angelin, sec, osseux, tendu. Simple, anti-sismique, incliné, en tension, le bâtiment joue sur la limite. Car c’est un centre chorégraphique, et comme la danse, il provoque les limites de la physicalité. Il est brut, en béton noir, c’est un engagement, un bâtiment solitaire qui a dû s’imposer dans un contexte urbain accablant, pompier, sucré et postmoderne ». Inauguré en Octobre 2006, cette architecture contemporaine a su se fondre dans le paysage provençal Aixois.

Fils de maçon d’origine Italienne, Ricciotti est né à Alger la Blanche. Il grandi à Bandol dans le Sud de la France. Après un premier diplôme à l’école d’ingénieur de Genève, il intègre l’école d’architecture de Marseille. En 1980, Rudy Ricciotti crée sa propre agence.

Le Pavillon noir, une création née de limagination débordante dun architecte inclassable

Le Pavillon noir, une création née de l'imagination débordante d'un architecte inclassable

C’est avec le Stadium de Vitrolles ancienne salle de rock et de handball, construit en 1994 et aujourd’hui abandonné que Ricciotti se fait remarquer. Ce bunker érigé sur une ancienne décharge industrielle frappe les esprits par son architecture insolente et insolite. Un cube en béton noir rehaussé de petites lumières rouge orangé en référence à la bauxite, roche rougeâtre qui entoure le site de Vitrolles. Un crime architectural pour certain le stadium fait des sceptiques. Sa brutalité et son manque de sophistication dénote d’un rejet total de tout style. L’artiste du Land Art, Robert Smithson, invoquait la notion de « ruines à l’envers ». Il enchaîne les concours et les réalisations qu’il réussit haut la main. Du Grand hall de la Faculté des Sciences de Luminy à la restructuration de l’Abbaye De Montmajour et plus récemment le Musée des Civilisations de L’Europe et de la Méditerranée. Très vite, les commanditaires internationaux le sollicitent. Il réalise le Pont de la Paix à Séoul, et la salle de concert Philharmonique Nikolaisaal de Potsdam qui lui assurera une renommée mondiale. Ricciotti se taille une réputation d’architecte « flamboyant » et anticonformiste. On lui doit également la villa Lyprendi. Cette maison brille par son architecture peu conventionnelle. Accrochée aux contreforts de la rade de Toulon, face à la mer elle se déploie le long de la montagne. La villa séduit par son architecture minimaliste. Il a aussi à son actif un nombre important d’ouvrages pour le compte de l’Etat. On pense au centre régional d’information et de coordination routières de Marseille, au collège 900 d’Auriol ou encore au centre régional d’éducation populaire et de sport de Saint-Raphaël. Ricciotti s’est posé comme principe de fuir tous les codes réducteurs ou enfermants. « L’architecture doit être un outil bienveillant. Je continue à me battre contre tout ce qui réduit l’énergie créatrice, c’est-à-dire la sur règlementation. Et ce n’est pas poujadiste, c’est contemporain ». Il la conçoit comme un acte républicain : « l’architecture est un métier politique » ne cesse-t-il de clamer haut et fort. Il n’a pas peur de défendre ses idées comme ce fut le cas lors du grand prix national de l’architecture en 2006. Il a notamment lu un pamphlet assez critique sur les nouvelles tendances environnementales, intitulé Haute Qualité Environnementale. En pleine révolution verte, Ricciotti affirme que la course à l’écologie permet toutes les manipulations mentales afin de créer de nouveaux lobbyings sur le dos de l’environnement et le martyriser autrement. « La fourrure verte, c’est l’eldorado de l’arnaque ».

Nawal Maftouh





Les préparatifs de l’Aïd el-Kebir ont de quoi rendre chèvre

26 11 2008

Plus qu'une fête, l'Aïd el-Kebir est surtout un moment de partage et de rassemblement

Plus qu'une fête, l'Aid el Kbir est surtout un moment de partage et de rassemblement

Pour tous les musulmans pratiquants, la fête du sacrifice, l’Aïd el-Kebir (appelée aussi Aïd el-Adha) ne se prend pas à la légère. Plus importante fête de l’Islam, elle marque la fin du pélerinage vers la Mecque par le sacrifice d’un mouton (parfois un agneau, un bélier ou une chèvre) suivant un rituel ancestral précis. Forte d’une communauté musulmane importante d’«environ 250.000 personnes » selon l’Union des Familles Musulmanes des Bouches-du-Rhônes (UFM13), la région Paca s’organise chaque année pour permettre aux pratiquants de célébrer cette fête, dans le respect des traditions et des normes sanitaires. A l’approche de celle-ci, prévue cette année le 7 décembre, les préparatifs ont été bousculés : l’abattoir du site de Saint-Louis a été mis hors d’usage pour cause de risque d’effondrement.

Les chiffres sont impressionants : « on sacrifie près de 5000 moutons à chaque Aïd » confie Rafik Ben Messaoud, l’organisateur du sacrifice. Pour lui, la fermeture de l’abattoir de Saint-Louis, ne viendra que modifier légèrement leur projet, « la mairie nous a préparé un chapiteau sur le parking à côté de l’abattoir, nous avons fait de gros investissements avec deux chaînes semi-automatiques et la police va réserver une rue pour les consommateurs » explique Rafik. Un abattoir improvisé en pleine rue, qui recevra « 15.000 personnes qui arriveront en même temps, mais nous sommes une centaine de personnes dans l’organisation. Tout sera au point » confie l’organisateur. Le Comité des Chevillars Marseillais (CCM) sont des spécialistes de l’Aïd el-Kebir. Avec leur 20 ans d’expérience, le CCM envisage ce changement d’organisation avec moins de sérénité : « avoir un site pérren serait parfait. Les consommateurs ne sont pas tous véhiculés et on espère donc un bout de terrain permanent sur Saint-Louis car les gens y sont habitués » même si le comité note une évolution positive malgré tout: « avant c’était anarchique. Le particulier venait avec son petit couteau et il n’y avait pas de soucis d’hygiène et de respect. Il ne reste que des professionnels et les carcasses sont sous contrôle vétérinaire ».

Belaid Cashi possède deux boucheries Hallal dans la cité phocéenne. Pour lui, si l’Aïd n’est pas la fête la plus importante en terme de manne financière (le Ramadan est largement devant), c’est surtout « un moment privilégié de l’année », l’occasion d’être « un petit peu plus conciliant avec les clients quand on sait qu’en moyenne un mouton coûte 200 euros et qu’on est confronté à des familles pas très aisées ». Une somme qui lui fait donc « un important chiffre d’affaire sur la première journée » mais qui en contrepartie provoque « 10 jours suivants plus difficiles ». D’ailleurs, Belaid ne s’avise pas de prendre plus de « 500 moutons » commandés, il connait l’importance du rituel, le timing est limité pour allier respect de la tradition et quantité: « la prière de l’Aïd doit être exécutée avant le sacrifice et elle a lieu généralement à partir de 8h30 du matin. On donne un horaire au client pour qu’il vienne chercher son mouton même s’il le veut généralement juste après. Il faut qu’on se rende à l’abattoir de Sisteron et qu’on sacrifie le mouton en se tournant vers la Mecque. On ne peut pas faire autrement ».

Arnaud ROLLET