Un architecte aux milles facettes

27 11 2008

Rudy Ricciotti

Rudy Ricciotti

Lauréat du Grand prix national de l’architecture 2006, Rudy Ricciotti architecte audacieux et rebelle dérange par son style peu orthodoxe. Ingénieur et architecte, il n’hésite pas à relever tous les défis d’une architecture contemporaine

Noir, vous avez dit noir ! Couleur d’une vie renouvelée, le noir précède la création dans toutes les civilisations. Et ce n’est pas Rudy Ricciotti qui dira le contraire. Cet architecte atypique a fait du noir sa marque de fabrique. Le Pavillon noir à Aix en Provence n’échappe pas à cette règle « Il est vertical, mais violent et doux. Je l’ai bâti pour le chorégraphe Angelin Preljocaj, j’ai dit que c’était son portrait, la gueule d’Angelin, sec, osseux, tendu. Simple, anti-sismique, incliné, en tension, le bâtiment joue sur la limite. Car c’est un centre chorégraphique, et comme la danse, il provoque les limites de la physicalité. Il est brut, en béton noir, c’est un engagement, un bâtiment solitaire qui a dû s’imposer dans un contexte urbain accablant, pompier, sucré et postmoderne ». Inauguré en Octobre 2006, cette architecture contemporaine a su se fondre dans le paysage provençal Aixois.

Fils de maçon d’origine Italienne, Ricciotti est né à Alger la Blanche. Il grandi à Bandol dans le Sud de la France. Après un premier diplôme à l’école d’ingénieur de Genève, il intègre l’école d’architecture de Marseille. En 1980, Rudy Ricciotti crée sa propre agence.

Le Pavillon noir, une création née de limagination débordante dun architecte inclassable

Le Pavillon noir, une création née de l'imagination débordante d'un architecte inclassable

C’est avec le Stadium de Vitrolles ancienne salle de rock et de handball, construit en 1994 et aujourd’hui abandonné que Ricciotti se fait remarquer. Ce bunker érigé sur une ancienne décharge industrielle frappe les esprits par son architecture insolente et insolite. Un cube en béton noir rehaussé de petites lumières rouge orangé en référence à la bauxite, roche rougeâtre qui entoure le site de Vitrolles. Un crime architectural pour certain le stadium fait des sceptiques. Sa brutalité et son manque de sophistication dénote d’un rejet total de tout style. L’artiste du Land Art, Robert Smithson, invoquait la notion de « ruines à l’envers ». Il enchaîne les concours et les réalisations qu’il réussit haut la main. Du Grand hall de la Faculté des Sciences de Luminy à la restructuration de l’Abbaye De Montmajour et plus récemment le Musée des Civilisations de L’Europe et de la Méditerranée. Très vite, les commanditaires internationaux le sollicitent. Il réalise le Pont de la Paix à Séoul, et la salle de concert Philharmonique Nikolaisaal de Potsdam qui lui assurera une renommée mondiale. Ricciotti se taille une réputation d’architecte « flamboyant » et anticonformiste. On lui doit également la villa Lyprendi. Cette maison brille par son architecture peu conventionnelle. Accrochée aux contreforts de la rade de Toulon, face à la mer elle se déploie le long de la montagne. La villa séduit par son architecture minimaliste. Il a aussi à son actif un nombre important d’ouvrages pour le compte de l’Etat. On pense au centre régional d’information et de coordination routières de Marseille, au collège 900 d’Auriol ou encore au centre régional d’éducation populaire et de sport de Saint-Raphaël. Ricciotti s’est posé comme principe de fuir tous les codes réducteurs ou enfermants. « L’architecture doit être un outil bienveillant. Je continue à me battre contre tout ce qui réduit l’énergie créatrice, c’est-à-dire la sur règlementation. Et ce n’est pas poujadiste, c’est contemporain ». Il la conçoit comme un acte républicain : « l’architecture est un métier politique » ne cesse-t-il de clamer haut et fort. Il n’a pas peur de défendre ses idées comme ce fut le cas lors du grand prix national de l’architecture en 2006. Il a notamment lu un pamphlet assez critique sur les nouvelles tendances environnementales, intitulé Haute Qualité Environnementale. En pleine révolution verte, Ricciotti affirme que la course à l’écologie permet toutes les manipulations mentales afin de créer de nouveaux lobbyings sur le dos de l’environnement et le martyriser autrement. « La fourrure verte, c’est l’eldorado de l’arnaque ».

Nawal Maftouh

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Les préparatifs de l’Aïd el-Kebir ont de quoi rendre chèvre

26 11 2008

Plus qu'une fête, l'Aïd el-Kebir est surtout un moment de partage et de rassemblement

Plus qu'une fête, l'Aid el Kbir est surtout un moment de partage et de rassemblement

Pour tous les musulmans pratiquants, la fête du sacrifice, l’Aïd el-Kebir (appelée aussi Aïd el-Adha) ne se prend pas à la légère. Plus importante fête de l’Islam, elle marque la fin du pélerinage vers la Mecque par le sacrifice d’un mouton (parfois un agneau, un bélier ou une chèvre) suivant un rituel ancestral précis. Forte d’une communauté musulmane importante d’«environ 250.000 personnes » selon l’Union des Familles Musulmanes des Bouches-du-Rhônes (UFM13), la région Paca s’organise chaque année pour permettre aux pratiquants de célébrer cette fête, dans le respect des traditions et des normes sanitaires. A l’approche de celle-ci, prévue cette année le 7 décembre, les préparatifs ont été bousculés : l’abattoir du site de Saint-Louis a été mis hors d’usage pour cause de risque d’effondrement.

Les chiffres sont impressionants : « on sacrifie près de 5000 moutons à chaque Aïd » confie Rafik Ben Messaoud, l’organisateur du sacrifice. Pour lui, la fermeture de l’abattoir de Saint-Louis, ne viendra que modifier légèrement leur projet, « la mairie nous a préparé un chapiteau sur le parking à côté de l’abattoir, nous avons fait de gros investissements avec deux chaînes semi-automatiques et la police va réserver une rue pour les consommateurs » explique Rafik. Un abattoir improvisé en pleine rue, qui recevra « 15.000 personnes qui arriveront en même temps, mais nous sommes une centaine de personnes dans l’organisation. Tout sera au point » confie l’organisateur. Le Comité des Chevillars Marseillais (CCM) sont des spécialistes de l’Aïd el-Kebir. Avec leur 20 ans d’expérience, le CCM envisage ce changement d’organisation avec moins de sérénité : « avoir un site pérren serait parfait. Les consommateurs ne sont pas tous véhiculés et on espère donc un bout de terrain permanent sur Saint-Louis car les gens y sont habitués » même si le comité note une évolution positive malgré tout: « avant c’était anarchique. Le particulier venait avec son petit couteau et il n’y avait pas de soucis d’hygiène et de respect. Il ne reste que des professionnels et les carcasses sont sous contrôle vétérinaire ».

Belaid Cashi possède deux boucheries Hallal dans la cité phocéenne. Pour lui, si l’Aïd n’est pas la fête la plus importante en terme de manne financière (le Ramadan est largement devant), c’est surtout « un moment privilégié de l’année », l’occasion d’être « un petit peu plus conciliant avec les clients quand on sait qu’en moyenne un mouton coûte 200 euros et qu’on est confronté à des familles pas très aisées ». Une somme qui lui fait donc « un important chiffre d’affaire sur la première journée » mais qui en contrepartie provoque « 10 jours suivants plus difficiles ». D’ailleurs, Belaid ne s’avise pas de prendre plus de « 500 moutons » commandés, il connait l’importance du rituel, le timing est limité pour allier respect de la tradition et quantité: « la prière de l’Aïd doit être exécutée avant le sacrifice et elle a lieu généralement à partir de 8h30 du matin. On donne un horaire au client pour qu’il vienne chercher son mouton même s’il le veut généralement juste après. Il faut qu’on se rende à l’abattoir de Sisteron et qu’on sacrifie le mouton en se tournant vers la Mecque. On ne peut pas faire autrement ».

Arnaud ROLLET





Des créations à fleur de peau

25 11 2008
Alice, une artiste aux doigts

Alice, une artiste a la créativité débordante

vent de créativité, d’élégance et d’imaginaire souffle dans l’atelier floral d’Alice, à Aix en Provence. Fleuriste ou artiste ? Il suffit de pousser la porte de sa boutique pour que le design floral accède au statut d’art et prenne tout son sens. Dotée d’un talent sans limite, cette jeune Aixoise « fleurte » avec les fleurs, leurs lignes et leurs expressions. Sa boutique est un laboratoire d’expériences végétales, depuis près de 12 ans. Le travail de cette artiste florale consiste à mettre en scène les fleurs, en y incorporant des éléments non végétaux. Pour un montant de 6 à 50 euros le résultat est chimérique: les créations tiennent en équilibre sur l’extrémité des vases, encerclés par des grillages, des chocolats, des bulles d’airs… « Je mélange mes compositions avec des fils en aluminiums, des branchages, des éprouvettes… Ces objets permettent de mettre en valeur les fleurs choisies. Mais il ne faut pas que les fleurs soient malmenées par les objets et perdent leur identité ».

Son défi est de sans cesse étonner, de déstructurer les matières puis de les retravailler, tout en respectant les exigences de sa clientèle. « L’approche est très différente d’un fleuriste traditionnel. Chaque client entre dans ma boutique avec un message que j’essaie de transposer sur mes créations, j’associe les fleurs avec ce qu’il m’inspire ». Un exercice de style, où règne le minimalisme graphique : des formes simplifiées et une pureté des lignes. Pour être dans le coup en matière florale, mieux vaut éviter les grossiers tournesols et les roses à gouttelettes. Les créations réussies sont celles qui évoquent l’imaginaire et le décalé. Tel un graphiste, Alice définit en premier lieu un concept, puis elle sélectionne les fleurs et les matières. L’artiste a une imagination inépuisable, « lorsque je commence la réalisation d’un bouquet j’essaie de retrouver l’esprit des éléments qui m’ont inspirés : une saison, les gens, les rues, des talons aiguilles, une musique… La richesse de ce métier, est que tout est source d’inspiration » explique Alice.

Une artiste qui ose transcender les lois florales, pour bousculer et réinventer les codes traditionnels du bouquet de fleurs. Une révolution florale où la priorité est donnée au charme, à la sensualité et à la poésie, tout en respectant les exigences des fleurs… Une rupture avec des décennies de classicisme. Son succès sera-t-il aussi éphémère que ses créations ? Un sujet épineux. Pour en savoir plus, Alice ouvre les portes de son jardin secret dès le mois de janvier 2009 et donne des cours de design floral dans sa boutique. Un modèle d’excellence et un prestigieux savoir artisanal à ne pas manquer !


Sabrina Gotlib

Adresse : L’Atelier d’Alice

41 bis, rue d’Italie – 13100 AIX EN PROVENCE





Zapping multimédia de l’économie de la semaine

24 11 2008

Revue de presse : semaine du 17 au 21 novembre 2008

econostrum1 Econostrum.info. Ce petit nouveau sur la toile concentre l’actualité du bassin méditerranéen, « de Casablanca à Gêne, en passant par Marseille et Barcelone ». Lancé début novembre, le site mettait à l’honneur la Semaine économique de la Méditerranée. Dans ce cadre, l’implication de la Banque Mondiale qui « promeut des micro projets à fort impact social » est saluée par Brigitte Chaillol. La journaliste précise « qu’au delà de son rôle financier, la Banque Mondiale tente aussi de mettre en place des opérations de développement en partenariat avec des acteurs de terrain. Depuis Marseille, l’Institut de la Banque Mondiale travaille ainsi en priorité avec les pays de la zone MENA¹».marseillaise

Le site du quotidien La Marseillaise revient sur l’origine de cette rencontre. « Initiée en 2007, la Semaine économique de la Méditerranée a pour vocation d’intensifier les échanges entre les pays riverains. Avec 70 organismes de la région dont l’activité est centrée sur cette partie du monde. Des initiatives de tous ordres –conférences, jumelages, accords de coopération, manifestations culturelles – contribuent à construire cet espace dont la stabilité est un enjeu majeur ». « Innovation, entreprises et capital humain » sont les trois thèmes qui ont rythmé cette semaine. Gérard Lanux semble apprécier la nouveauté de cette édition, une sorte de « « boîte à outils » pour franchir ce véritable parcours du combattant que constituent les formalités juridiques, administratives ou fiscales pour construire des échanges. » paca-info

Toujours ouvert sur la Méditerranée, Pacainfo.com. s’intéresse au programme « Invest-in-med » qui organisait les rencontres d’entreprises à Marseille le 20 novembre dernier. Le projet s’inscrit dans le cadre du sommet euro-méditerranéen de l’investissement, en partenariat avec le prestigieux magazine The Economist et plusieurs grands cabinets de conseils comme Deloitte. L’objectif de ces rencontres est de « permettre à des PME européennes et méditerranéennes de se rapprocher de grandes entreprises actives sur 5 marchprovence_01és dynamiques » (à savoir : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Jordanie et l’Egypte).

Le quotidien régional La Provence a quant à lui consacré sa Une du mercredi 19 novembre au palmarès des Trophées de l’Economie². La remise des prix de cette 13ème édition s’est déroulée dans le grand hall du Palais de la Bourse de Marseille, devant près de 300 invités. Chaque année, 5 titres y sont décernés. « Récompense la plus personnalisée, et sans doute la plus prestigieuse » estime le journaliste, le titre d’Entrepreneur de l’année est revenu à Jean-Daniel Beurnier, président fondateur du groupe Avenir Télécom. Anticipant les critiques de « ceux qui s’interrogeaient sur l’opportunité de fêter les entreprises en période de crise » Didier Pillet, PDG et directeur de la publication de La Provence rétorquait sans hésiter : « c’est justement le moment de se rassembler et de se serrer les coudes ». A la fois juge et partie, M. Pillet ajoutait dans ses propres colonnes que La Provence « restera un accompagnateur utile de toutes les initiatives et de toutes les réussites ».

Marjorie Théry

(¹MENA : initiative de l’OCDE pour la gouvernance et l’investissement à l’appui du développement. Retrouvez la liste des pays membres sur : www.oecd.org)

(²Retrouvez la liste du palmarès des Trophées de l’Economie sur LaProvence.com)





Sortir de la gay-thoïsation

21 11 2008

Existe-t-il encore des endroits 100 % gay à Aix-en-Provence ? Il y a moins de 20 ans, la ville pouvait revendiquer de détenir une véritable culture gay, avec ses cafés atypiques, et ses boutiques. Aujourd’hui, victime d’une diffusion de masse, la Gay Touch est simplement devenue un phénomène de mode. Petit à petit, des lieux fréquentés par les homosexuels, comme le café aixois Happy Days, ce sont transformés en lieu branché où se retrouvent hétéros comme homos. « J’étais un habitué de la boite de nuit Le Spartacus, je trouvais ça génial de ne pas avoir à se déplacer jusqu’à Marseille pour passer la nuit dans une discothèque gay, aujourd’hui, je ne dirai pas que les homos ont déserté la piste de danse, mais ils n’y représentent plus qu’une faible part », commente Florian, 24 ans.

Le drapeau arc-en-ciel lun des principaux symboles de la communauté LGBT

Le drapeau arc-en-ciel, l'un des principaux symboles de la communauté LGBT

Le site Gaymap.com propose les derniers lieux incontournables gays dans toute la France. Pour Aix-en-Provence, seuls deux pubs sont référencés : Le Mediterranean Boy et le pub Notre Dame. Mais alors où sortent les homosexuels aixois? «En général, les gays fréquentent les mêmes lieux que n’importe qui. A Aix il est plus facile de se fondre dans la masse, même si pour vivre heureux les homosexuels doivent encore vivre cachés. » témoigne Philippe, président de l’association Lesbigaix. Alors que les lieux publics connaissent une grande mixité, d’autres établissements plus inattendus, se revendiquent être réservées à une clientèle homosexuelle. Le sauna club XY à Marseille, l’agence immobilière marseillaise Alter Immo propose sur rendez-vous des entretiens « gay friendly » dans un cadre décontracté, ou encore des compagnies d’assurance françaises. «De nombreux couples homosexuels ne peuvent obtenir de prêts immobiliers car, pour ceux qui sont malades, les assurances ne veulent pas prendre de risque. Ce n’est pas une ghettoïsation… Il existe bien des assurances réservées aux femmes !», explique Frédéric Autran, Pdg de Solidaris, dans le Figaro. Si les assurances réservées aux homosexuels répondent à une vraie demande, d’autres comme les sites de voyage gay semblent plus naviguer sur un filon commercial. «Les sites de voyage comme LG evasion ou attitud travel ne présentent qu’un but entièrement commercial, sans intérêt, qui risquerait même de véhiculer une image négative des homosexuels » confie Elisabeth, 38 ans, sans emploi.

Le phénomène de mode autour de la culture gay étouffe les messages de revendication des homosexuels qui luttent pour l’égalité des droits. Première victime de son succès : la Gay Pride. Depuis 1994, elle est organisée chaque année à Marseille, « j’ai assisté à la première Gay Pride de Marseille, nous n’étions que 10 personnes réunies  devant la Gare Saint-Charles » illustre le président de l’association Lesbigaix. Aujourd’hui, plus ou moins tombée dans un filon commercial, la manifestation « manque de fond depuis 3 ou 4 ans. Les discothèques essaient d’en tirer profit, l’ambiance n’est plus vraiment la même, la Gay Pride est devenue Tout Public», explique Philippe. Le rayonnement de la culture gay est facilement explicable, véhiculé par la mode et incarné par de célèbres figures, telles qu’Andy Warhol, Fassbinder, Jean-Louis Bory, Pasolini, Jean Genet… La culture gay s’est imposée dans notre société.

Alexia LUCIANI





Dur dur d’être étudiant

20 11 2008

Partout les cité universitaires affichent complet

Partout les cités universitaires affichent complet malgré la vétusté des locaux

2000 logements en plus, voilà ce dont ont besoin les étudiants d’Aix en Provence en manque d’un toit. Le Centre régional des œuvres universitaires et sociales (Crous) ne propose qu’un peu plus de 3600 chambres en cités et résidences universitaire. Pas suffisant pour les 41 000 étudiants qui représentent près d’un quart de la population aixoise. L’augmentation constante de la démographie estudiantine et le manque crucial de logement laissent de graves séquelles chez des étudiants de plus en plus confrontés aux échecs dans leurs études et à la pauvreté.

« Vivre dignement n’est pas un privilège », s’indigne l’AGEP-FSE (Association Générale des Etudiants de Provence – Fédération Syndicale Etudiante). « C’est un droit ! ». Cet organisme syndical étudiant a fait de l’amélioration des conditions de vie et d’étude des nombreux étudiants d’Aix-Marseille son combat de tous les jours. Un combat contre des cités universitaires de plus en plus vétustes car pour y vivre il ne faut pas avoir peur du sommaire.  Un lit, un bureau, une armoire et un coin lavabo, voilà le strict nécessaire qu’une chambre de 10m2 peut contenir. Les sanitaires et la cuisine font l’objet d’une utilisation commune, le loyer moyen ne dépassant pas les 160 euros. Mais les conditions de vie des étudiants en cité universitaire laissent à désirer. Selon une enquête de l’Observatoire de la Vie Etudiante (OVE), seulement un étudiant sur cinq parmi les résidents des cités universitaires se dit satisfait de son logement.

Délabrement des chambres, sanitaires en très mauvais état et cuisines souvent inéquipées, une situation de plus en plus invivable pour les étudiants. M. Sabalot, directeur de la résidence universitaire les Gazelles ne nie pas la situation. « Depuis leur construction, certains de ces pavillons n’ont pas été rénové. Aujourd’hui, la nécessité de tout remettre en état est une évidence ». Conscient du problème, le Crous d’Aix-Marseille tente de répondre du mieux possible aux attentes des étudiants. Un plan de rénovation prévoyant le réaménagement de 6200 logements d’ici 2012 a été mit en place en 2006.

Mais comme tout changement à un prix, la rénovation des cités U n’y échappera pas. Un pavillon de la résidence des Gazelles ayant récemment était remis en état a vu son loyer passé de 142 à 221 euros. « La rénovation des cités universitaires est une exigence historique des étudiants. Mais nous ne pouvons pas accepter que celle-ci serve de prétexte à une augmentation des loyers », affirme un responsable de l’AGEP-FSE. Espérons que le plan campus lancé par la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie PECRESSE et qui intègre les universités d’Aix-Marseille aura un effet catalyseur sur la réforme de la vie étudiante Aixoise.

Nawal Maftouh





Une journée avec… Jean, jeune militant PS

19 11 2008

 

La jeunesse prend de plus en plus part au débat politique actuel

La jeunesse prend de plus en plus part au débat politique actuel

Il n’y a pas d’âge pour défendre ses idées. Jean, étudiant en histoire, le sait bien et milite au PS depuis toujours, ou presque. Le militantisme une affaire de famille, ses parents sont membres depuis plus de 20 ans et la petite sœur de 16 ans ne fait pas exception à la règle. Ce samedi 15 novembre se déroulait la deuxième journée du congrès de Reims, le nouveau centre d’intérêt de ce jeune Marseillais.

Si son père, professeur de mathématiques, écoute les infos à la radio, lui, préfère Internet : « On y trouve tous les discours quasiment en temps réel sans être obligé de se farcir les commentaires en voix off ». Assis, devant son ordinateur, le jeune militant ne tarde pas à donner son avis sur la candidature de Ségolène Royale « Qui en doutait ? Apparemment, elle pense que c’est plus important que l’unité du parti ». Sujet épineux qui centralise le sujet de discussion au déjeuner, ses parents sont séduits par son côté médiatique, qui selon eux, pourrait faire gagner la Gauche. Jean préfère Martine Aubry « ses idées sont modernes » argumente l’étudiant. « Il a ses opinions et les défend bien, même s’il est le seul de la famille à préférer Martine Aubry, cela anime les repas de famille », commente son père fièrement.

13 heures sur la terrasse d’un café, Jean discute avec un ami. En moins d’un quart d’heure la discussion prend une tournure politique. Les deux étudiants ne partagent pas les mêmes idées : «  Mais qu’est ce qu’il vient faire là-dedans Hamon ? Il ne veut même pas admettre le marché. Tant que le PS ne sera pas clair là-dessus, le Parti ne sera pas crédible. La crise nous a bien aidés, alors il faut saisir l’opportunité et se rassembler autour des idées, et non d’une personne !» s’emporte Jean. Discussion agitée, pourtant le garçon ne relèvera pas lorsque son ami parlera de Ségolène, quelques minutes plus tard. Lassé d’avoir mené cette discussion des dizaines de fois, ce n’est pas aujourd’hui que les amis trouveront un terrain d’entente.

Après son café, le jeune homme se met en route pour le QG. 58, rue Montgrand, le siège du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) des Bouches du Rhône. Devant les photos des diverses actions organisées, Jean sourit, il n’arrive pas à cacher sa fierté. « Quand je vois des jeunes, qui ne sont pas du parti, se mobiliser lors d’évènements ponctuels, ça me donne encore plus d’énergie. Je me dis que c’est un peu grâce à nous et qu’on peut défendre certaines choses ». La journée du militant s’achève dans le débat avec d’autres partisans, des heures essentielles où chacun confie ses regrets et ses attentes, « je reste optimiste, j’espère que les partisans de la motion Delanoë, qui ne se présente pas, se reporteront sur Aubry » confie Jean. Bientôt l’heure de dîner, Jean rentre chez lui, au menu ce soir : quelle figure prendra le PS ? « Je suis conscient d’avoir reçu une culture militante par ma famille, c’est important pour moi d’être engagé et je comprends que d’autres s’en fichent complètement », explique le jeune militant.

Antoine Sarrailh