Sortir de la gay-thoïsation

21 11 2008

Existe-t-il encore des endroits 100 % gay à Aix-en-Provence ? Il y a moins de 20 ans, la ville pouvait revendiquer de détenir une véritable culture gay, avec ses cafés atypiques, et ses boutiques. Aujourd’hui, victime d’une diffusion de masse, la Gay Touch est simplement devenue un phénomène de mode. Petit à petit, des lieux fréquentés par les homosexuels, comme le café aixois Happy Days, ce sont transformés en lieu branché où se retrouvent hétéros comme homos. « J’étais un habitué de la boite de nuit Le Spartacus, je trouvais ça génial de ne pas avoir à se déplacer jusqu’à Marseille pour passer la nuit dans une discothèque gay, aujourd’hui, je ne dirai pas que les homos ont déserté la piste de danse, mais ils n’y représentent plus qu’une faible part », commente Florian, 24 ans.

Le drapeau arc-en-ciel lun des principaux symboles de la communauté LGBT

Le drapeau arc-en-ciel, l'un des principaux symboles de la communauté LGBT

Le site Gaymap.com propose les derniers lieux incontournables gays dans toute la France. Pour Aix-en-Provence, seuls deux pubs sont référencés : Le Mediterranean Boy et le pub Notre Dame. Mais alors où sortent les homosexuels aixois? «En général, les gays fréquentent les mêmes lieux que n’importe qui. A Aix il est plus facile de se fondre dans la masse, même si pour vivre heureux les homosexuels doivent encore vivre cachés. » témoigne Philippe, président de l’association Lesbigaix. Alors que les lieux publics connaissent une grande mixité, d’autres établissements plus inattendus, se revendiquent être réservées à une clientèle homosexuelle. Le sauna club XY à Marseille, l’agence immobilière marseillaise Alter Immo propose sur rendez-vous des entretiens « gay friendly » dans un cadre décontracté, ou encore des compagnies d’assurance françaises. «De nombreux couples homosexuels ne peuvent obtenir de prêts immobiliers car, pour ceux qui sont malades, les assurances ne veulent pas prendre de risque. Ce n’est pas une ghettoïsation… Il existe bien des assurances réservées aux femmes !», explique Frédéric Autran, Pdg de Solidaris, dans le Figaro. Si les assurances réservées aux homosexuels répondent à une vraie demande, d’autres comme les sites de voyage gay semblent plus naviguer sur un filon commercial. «Les sites de voyage comme LG evasion ou attitud travel ne présentent qu’un but entièrement commercial, sans intérêt, qui risquerait même de véhiculer une image négative des homosexuels » confie Elisabeth, 38 ans, sans emploi.

Le phénomène de mode autour de la culture gay étouffe les messages de revendication des homosexuels qui luttent pour l’égalité des droits. Première victime de son succès : la Gay Pride. Depuis 1994, elle est organisée chaque année à Marseille, « j’ai assisté à la première Gay Pride de Marseille, nous n’étions que 10 personnes réunies  devant la Gare Saint-Charles » illustre le président de l’association Lesbigaix. Aujourd’hui, plus ou moins tombée dans un filon commercial, la manifestation « manque de fond depuis 3 ou 4 ans. Les discothèques essaient d’en tirer profit, l’ambiance n’est plus vraiment la même, la Gay Pride est devenue Tout Public», explique Philippe. Le rayonnement de la culture gay est facilement explicable, véhiculé par la mode et incarné par de célèbres figures, telles qu’Andy Warhol, Fassbinder, Jean-Louis Bory, Pasolini, Jean Genet… La culture gay s’est imposée dans notre société.

Alexia LUCIANI





Une journée avec… Jean, jeune militant PS

19 11 2008

 

La jeunesse prend de plus en plus part au débat politique actuel

La jeunesse prend de plus en plus part au débat politique actuel

Il n’y a pas d’âge pour défendre ses idées. Jean, étudiant en histoire, le sait bien et milite au PS depuis toujours, ou presque. Le militantisme une affaire de famille, ses parents sont membres depuis plus de 20 ans et la petite sœur de 16 ans ne fait pas exception à la règle. Ce samedi 15 novembre se déroulait la deuxième journée du congrès de Reims, le nouveau centre d’intérêt de ce jeune Marseillais.

Si son père, professeur de mathématiques, écoute les infos à la radio, lui, préfère Internet : « On y trouve tous les discours quasiment en temps réel sans être obligé de se farcir les commentaires en voix off ». Assis, devant son ordinateur, le jeune militant ne tarde pas à donner son avis sur la candidature de Ségolène Royale « Qui en doutait ? Apparemment, elle pense que c’est plus important que l’unité du parti ». Sujet épineux qui centralise le sujet de discussion au déjeuner, ses parents sont séduits par son côté médiatique, qui selon eux, pourrait faire gagner la Gauche. Jean préfère Martine Aubry « ses idées sont modernes » argumente l’étudiant. « Il a ses opinions et les défend bien, même s’il est le seul de la famille à préférer Martine Aubry, cela anime les repas de famille », commente son père fièrement.

13 heures sur la terrasse d’un café, Jean discute avec un ami. En moins d’un quart d’heure la discussion prend une tournure politique. Les deux étudiants ne partagent pas les mêmes idées : «  Mais qu’est ce qu’il vient faire là-dedans Hamon ? Il ne veut même pas admettre le marché. Tant que le PS ne sera pas clair là-dessus, le Parti ne sera pas crédible. La crise nous a bien aidés, alors il faut saisir l’opportunité et se rassembler autour des idées, et non d’une personne !» s’emporte Jean. Discussion agitée, pourtant le garçon ne relèvera pas lorsque son ami parlera de Ségolène, quelques minutes plus tard. Lassé d’avoir mené cette discussion des dizaines de fois, ce n’est pas aujourd’hui que les amis trouveront un terrain d’entente.

Après son café, le jeune homme se met en route pour le QG. 58, rue Montgrand, le siège du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) des Bouches du Rhône. Devant les photos des diverses actions organisées, Jean sourit, il n’arrive pas à cacher sa fierté. « Quand je vois des jeunes, qui ne sont pas du parti, se mobiliser lors d’évènements ponctuels, ça me donne encore plus d’énergie. Je me dis que c’est un peu grâce à nous et qu’on peut défendre certaines choses ». La journée du militant s’achève dans le débat avec d’autres partisans, des heures essentielles où chacun confie ses regrets et ses attentes, « je reste optimiste, j’espère que les partisans de la motion Delanoë, qui ne se présente pas, se reporteront sur Aubry » confie Jean. Bientôt l’heure de dîner, Jean rentre chez lui, au menu ce soir : quelle figure prendra le PS ? « Je suis conscient d’avoir reçu une culture militante par ma famille, c’est important pour moi d’être engagé et je comprends que d’autres s’en fichent complètement », explique le jeune militant.

Antoine Sarrailh