« J’ai repris mes études à 40 ans. »

7 12 2008

quand les adultes reprennent leurs études

Quand les adultes reprennent leurs études

 

 

 

 

Rien ne prédestinait Elsa Verine à changer d’orientation vers le métier de psychologue. Cette économiste de 46 ans et mère de 3 enfants, a d’abord travaillé à Londres dans un établissement bancaire de la City, avant d’occuper divers postes dans le domaine de la finance à Monaco où elle s’y est établie. Confortablement installée, sa carrière semblait toute tracée. Trop peut être… C’est en 2003 que son destin bascule. Particulièrement émue par la condition humaine et après un long travail psychanalytique, Elsa décide de tout plaquer ! Le besoin d’apporter, de répondre aux souffrances des autres se fait de plus en plus grand. Elle reprend donc le chemin de l’université, et se retrouve aujourd’hui en Master 2 de psychologie à Nice. « Faire le choix de tout abandonner, de retourner à la fac à 46 ans, a été une des décisions les plus difficiles. Cette expérience a mis à l’épreuve mes peurs,  mes angoisses mais surtout mes véritables désirs. »

Sa situation financière lui permettant de ne pas être obligée de travailler à côté, Elsa savoure depuis 5 ans les précieux savoirs que la formation lui apporte. La difficulté a été de mêler sa vie d’étudiante à sa vie de famille. La reprise de ces études a impliqué des sacrifices, parfois lourds de conséquences pour elle et son entourage. Difficile pour une étudiante d’assumer les devoirs, les exposés, les partiels a réviser, trois enfants de 16,12 et 7 ans, les courses, le chien, le chat… « Ma décision a bouleversée mon mode de vie. En plus de la montagne de travail qui m’est demandée pour mes études, je dois assumer toute une famille. Je suis obligée de sécher les cours pour aller chercher mes enfants à l’école. »

Reprendre une formation professionnelle à l’âge adulte est un choix délicat. A l’université, seulement 10% sont des seniors. En plus de renouer avec le statut de « débutant », il faut pourvoir accepter un retour en arrière vers la vie estudiantine. Pour Elsa, le retour « sur les bancs de l’école » est complexe. En plus de la nécessité de devoir se réhabituer à étudier, le décalage entre les autres étudiants plus jeunes qu’elle s’est fait sentir. Que ce soit sur le plan intellectuel, social, le parcours, le quotidien… Tout semblait les éloigner. Et pourtant… Elsa a réussi à tisser pendant ces 5 années des liens d’une grande profondeur. Son regard sur les autres a changé. Son rapport au temps qui passe s’est totalement modifié. Elle prend appui sur sa maturité comme source d’enrichissement et non comme une épreuve. Elsa a pu acquérir une grande confiance en elle. Elle envisage la vie, grâce à la ténacité dont elle a su faire preuve, avec beaucoup d’enthousiasme et de sérénité.

Une fois son diplôme en poche, Elsa a pour projet de travailler dans des institutions au sein desquels elle pourra monter des ateliers thérapeutiques. Quitter le chemin de la faculté ? Il n’en est pas encore  question. Elle envisage de préparer un doctorat à la fin de son Master.

 

Sabrina Gotlib